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Arthur Bauchet, un Varois à PyeongChang

Le 05/03/2018


Arthur Bauchet, un Varois à PyeongChang



Un sportif issu du Var présent aux Jeux ... d'hiver, ce n'est pas commun. Et quand celui-ci est souffre d'une paraparésie spastique, une maladie génétique et dégénérative qui atteint la moelle épinière ayant pour conséquence de rendre ses jambes très raides, ça force encore plus le respect et mérite forcément un coup de projecteur, à quelques jours des Jeux Paralympiques de PyeongChang.




Arthur Bauchet est né à Saint-Tropez et n'a pas encore 18 ans (il les aura en octobre prochain). Très tôt, il se passionne pour ... le ski. Pas forcément le sport de prédilection quand on habite Grimaud, une commune bordée par la méditerranée. Cette passion est venue dès l'âge de 5 ans, lors de ses premières descentes effectuées à la Foux d'Allos. Et quand il demande à ses parents, Stéphanie et Daniel, de continuer à pratiquer le ski, ces derniers le prennent très au sérieux. Au point que la famille Bauchet (avec le grand frère Corentin) monte régulièrement à Serre-Chevalier, dans les Hautes-Alpes, pour qu'Arthur puisse exercer son sport favori, au sein de l'ESF Chantemerle.

Ecole et ski entre parenthèses à l'adolescence



Mais alors qu'il est encore en primaire aux Migraniers de Grimaud, des soucis apparaissent au niveau de ses jambes : douleurs, crampes, raideur. On lui plâtre les deux jambes, on lui fait des injections de toxine botulique, il commence à marcher avec des béquilles. Sauf que le problème n'est pas bien identifié (« on pensait que ça venait d'un manque d'oxygène à la naissance ») et que son état ne s'améliore pas. Sa passion pour le ski, elle, reste intacte puisqu'il continuait de venir pratiquer tous les weekends d'hiver et pendant les vacances scolaires à Serre-Chevalier. Même si les difficultés sont là : « Vu que mes jambes étaient très raides, c'était difficile pour skier. J'entendais souvent "tu vas les plier, ces jambes". Mais je ne pouvais pas » se remémore-t-il.

Les choses se dégradent lorsqu'il est en 3ème, au collège de L'Assomption à Sainte-Maxime. Les douleurs s'intensifient ... au point qu'il lui soit impossible de marcher, voire même de s'asseoir. « Je passais mes journées couché. C'était la pire année de ma vie », se souvient Arthur, obligé de mettre l'école et le ski entre parenthèses. Heureusement, le Professeur Chabrol de l'hôpital La Timone à Marseille met enfin un nom sur sa maladie et trouve le traitement adéquat pour que son quotidien s'améliore.

« Ma vie a changé le jour où on m'a parlé du handisport »



Malgré sa paraparésie spastique, Arthur n'en démord pas : il veut faire du ski ! C'est comme ça qu'il est heureux. Sa famille part alors s'installer à Serre-Chevalier et le scolarise au lycée d'altitude de Briançon ... où on lui parle du handisport. « Je ne connaissais pas. Jusque-là, j'avais toujours couru avec les valides. Et je dois avouer qu'à partir de là, ma vie a changé ». Les médecins des instances sportives valident le handicap et Arthur intègre le groupe Jeune de la Fédération Française de handiski avec en ligne de mire les Jeux Paralympiques de Pékin ... en 2022.

Ses résultats sur ses premières courses internationales surprennent tout le monde, lui le premier. Un an plus tard, lors des Championnats du monde 2017 de Tarvisio, en Italie, le Varois remporte le titre mondial en Géant et en Slalom, ainsi qu'une médaille d'argent en Super-G. Incroyable ! PyeongChang est du coup un objectif réaliste. Et pour que les chances soient au maximum de son côté, il intègre le lycée d'été d'Albertville, ce qui lui permet de s'entraîner et de faire sa saison en hiver, sans se soucier de son Bac S puisque les cours auront lieu d'avril à novembre.

A PyeongChang, il veut tout donner pour ne rien regretter



Au moment de se voir proposer le plus grand défi sportif de sa jeune carrière, Arthur a une pensée pour ses parents et sa grand-mère qui ont beaucoup donné, pour ses coachs qui le portaient jusqu'à la télécabine afin qu'il puisse remonter sur la piste, pour ses amis qui lui faisaient parvenir les cours pour qu'il puisse continuer de suivre à l'école. Il repense aussi aux nombreuses fois où il quittait les béquilles pour monter sur les skis. « ll faut se battre pour vivre de bons moments. J'espère que mon aventure donnera du courage à d'autres jeunes en situation de handicap ».

A PyeongChang, Arthur sera « fier de représenter son pays et sa région ». Engagé sur les 5 épreuves de ski alpin, il refuse de se voir en favori malgré ses titres mondiaux d'il y a un an. « Comme cet hiver, beaucoup de courses ont été annulées à cause des conditions météo, j'arrive aux Jeux sans vrais repères. Je veux avant tout bien profiter de cette chance, tout donner pour ne rien regretter et on verra », avoue-t-il modestement. Mais nous, on croit fort aux médailles pour Arthur. Il le mérite.

SON PROGRAMME

Pour suivre Arthur Bauchet en Corée, il faudra se lever tôt (ou se coucher tard) puisqu'en raison du décalage horaire (8h), les épreuves de ski alpin auront lieu en plein cœur de la nuit. France Télévisions retransmettra l'événement en direct (sur France 2 de 2h à 6h et sur France 3 de 6h à 8h) puis en différé (rediffusion des meilleurs moments tous les jours à partir de 8h sur France 3).
Et sachez qu'Arthur compte sur vous : « J'espère que vous allez quand même me suivre, malgré les horaires ! »

Les 5 épreuves auxquelles il participe :
- Descente : samedi 10 mars
- Super-G : dimanche 11 mars
- Super Combiné : mardi 13 mars
- Slalom : mercredi 14 mars
- Slalom Géant : samedi 17 mars


Crédit photos : facebook d'Arthur Bauchet handiski



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